À Losse, dans les Landes, David Laborde cogère une exploitation de 103 hectares avec son associé. Cette année, la ferme cultive 28 hectares de maïs doux, 18 de maïs grain, 17 de soja, 11 d’asperges et 2 de luzerne. À cela s’ajoutent les 2 hectares du démonstrateur DEM&TER, inauguré l’an dernier, qui servent de terrain d’expérimentation pour le projet agrivoltaïque.
Une exploitation diversifiée et un projet mûri
L’idée de se lancer dans l’agrivoltaïsme remonte à presque sept ans. « À l’époque, la situation économique devenait de plus en plus compliquée, donc forcément, on a été réceptifs », raconte David. Contactés dans le cadre d’un projet intercommunal, lui et son associé ont pris le temps de mûrir leur réflexion. Ce sera finalement avec VALOREM que leur projet prendra forme, avec la proposition de tester d’abord un démonstrateur. Progressivement, le projet agrivoltaïque a intégré des cultures de fourrages, notamment la luzerne, parfaitement adaptées à cette nouvelle configuration.
Sécuriser les revenus et diversifier les cultures
Pour David, la motivation principale est claire : « On a besoin de sécuriser nos revenus pour continuer à développer l’exploitation, notamment des ateliers exigeants comme l’asperge. Certaines années sont catastrophiques : il faut une base plus solide. » Au-delà de la stabilité financière, l’agrivoltaïsme permet de diversifier les cultures et de préparer la ferme à des conditions climatiques et économiques incertaines.

Gérer l’eau et renforcer la résilience
L’eau représente un autre enjeu majeur. « Ici, on est en zone 100 % irriguée. Ces dernières années, c’est très compliqué de gérer l’eau. L’agrivoltaïsme nous permet de nous orienter vers des cultures plus résilientes et moins gourmandes », explique David. Cette approche contribue à rendre l’exploitation plus durable et adaptée aux défis locaux.
Innovation technique et autonomie protéique
L’innovation agricole se traduit également sur le plan technique : la ferme prévoit une grange de séchage pour valoriser le fourrage produit sous les panneaux, renforçant ainsi son autonomie protéique. « C’est un moyen de sécuriser nos revenus, mais aussi de mieux préparer l’avenir de la ferme », souligne David.
Un projet bien accueilli et en progression
Sur le plan administratif, le projet avance sereinement. « On est passés en commission préfectorale finaleen fin d’année dernière. Ça s’est bien passé. Il n’y a pas eu d’opposition particulière. » La commune, habituée au solaire avec une centrale au sol de plus de 300 hectares, accueille plutôt bien l’initiative, ce qui facilite l’intégration du projet.
Perspectives et patience : les clés du succès
Le projet regroupe deux exploitants pour environ 140 hectares. « Pour moi, ça représente 50 à 55 hectares, soit la moitié de ma SAU. L’objectif, c’est de sécuriser nos revenus, diversifier les cultures et aller vers des systèmes mieux adaptés à notre contexte. »
Après sept ans de suivi du projet, David insiste sur deux points essentiels : patience et accompagnement. « La patience, c’est vraiment le maître mot. Et puis, il faut être bien accompagnés. Avoir un partenaire fiable, c’est essentiel pour que le projet avance. »