Donner la parole aux agriculteurs, enfin !
Dans un contexte où l’agrivoltaïsme fait l’objet de débats intenses, la FFPA a fait un choix clair : repartir du terrain. Avec le Baromètre de l’agrivoltaïsme en France – Édition 2026, la FFPA propose une étude inédite, conçue comme un outil de compréhension et non comme un manifeste.
Réalisée par ADquation & le Groupe La France Agricole, cette enquête donne la parole à celles et ceux qui sont au cœur des projets : les agricultrices et les agriculteurs. Elle offre une photographie précise de la réalité et du vécu des agriculteurs porteurs de projets agrivoltaïques à l’automne 2025, loin des fantasmes d’un déploiement massif et incontrôlé.
Une étude ancrée dans le réel
Ce baromètre repose sur une enquête menée entre le 27 octobre et le 3 novembre 2025 auprès d’agriculteurs : des exploitants ayant été démarchés, s’étant renseignés ou ayant engagé une réflexion sur l’agrivoltaïsme.
- 850 exploitations contactées
- 105 interviews réalisées
- Une répartition géographique représentative des dynamiques actuelles de la filière
L’objectif n’était pas de produire une vérité unique, mais bien de capter des réalités multiples, à un instant donné, afin de mieux comprendre les motivations, les freins et le vécu concret des porteurs de projets.
Qui sont les agriculteurs concernés ?
Le baromètre dresse le portrait d’exploitants fortement impliqués dans leur territoire et conscients des enjeux de long terme :
- Âge moyen : 53 ans
- 68 % sont chefs d’exploitation
- 41 % disposent d’une formation supérieure (contre 27 % au niveau national)
- 33 % exercent une fonction élective locale ou professionnelle
- Ils disposent d’une SAU initiale moyenne de 163 hectares, majoritairement en polyculture-élevage
L’agrivoltaïsme : ni chimère, ni solution miracle
Les enseignements du baromètre sont clairs : l’agrivoltaïsme est perçu avant tout comme un outil de diversification, mobilisé de manière réfléchie et minoritaire.
Parmi les agriculteurs interrogés :
- 74 % de ceux ayant été en contact avec un développeur n’ont finalement pas engagé de projet
- 26 % ont initié une prise de contact avec un développeur, principalement dans une volonté de diversification
Cette sélection naturelle démontre que le « raz-de-marée » souvent redouté n’aura pas lieu. Les contraintes techniques, réglementaires et territoriales agissent comme un filtre exigeant.
Des freins multiples, bien identifiés
L’étude met en lumière une pluralité de freins, loin des discours simplificateurs :
- 35 % des répondants évoquent des freins techniques
- 28 % des enjeux d’acceptabilité paysagère, sociale ou environnementale
- 13 % des freins administratifs
- 8 % des freins économiques
- 6 % des interrogations agronomiques
Ces résultats rappellent que l’agrivoltaïsme n’est pas un projet clé en main, mais une démarche complexe, de long terme, nécessitant expertise, dialogue et accompagnement.
Un vécu de projet marqué par l’incertitude… puis la confiance
Le baromètre analyse finement chaque étape du développement des projets, de la faisabilité au dépôt du permis de construire. Il en ressort une réalité souvent méconnue :
- Les craintes sont fortes en amont et lors des études techniques
- La confiance augmente progressivement, notamment lorsque le lien avec le développeur est solide
- Les CDPENAF sont finalement peu redoutées par les agriculteurs bien accompagnés
La relation de confiance avec le développeur apparaît comme un facteur clé de réussite, conditionnant la capacité des agriculteurs à franchir les étapes les plus complexes.
Des témoignages pour incarner la filière
Au-delà des chiffres, le Baromètre 2026 donne une large place aux témoignages d’agriculteurs engagés dans des trajectoires très différentes :
- Reconversion de systèmes céréaliers vers l’élevage et le bio
- Petites exploitations cherchant un modèle transmissible
- Grandes cultures en quête de diversification, de résilience climatique et de pédagogie
Ces récits montrent un agrivoltaïsme profondément agricole, pensé comme un levier d’adaptation, de transmission et d’innovation, et jamais comme une fin en soi.
Une filière plus mature qu’il n’y paraît
L’un des enseignements majeurs de ce baromètre est la maturité des agriculteurs interrogés. Bien informés, conscients des contraintes juridiques et techniques, ils s’engagent en connaissance de cause.
L’agrivoltaïsme apparaît ainsi comme :
- Un choix minoritaire mais assumé
- Un outil exigeant, réservé à des projets agricoles solides
- Une solution potentielle de pérennisation pour certaines exploitations
Le rôle central de la FFPA
À travers ce Baromètre de l’agrivoltaïsme 2026, la FFPA réaffirme son positionnement : défendre un agrivoltaïsme par et pour les agriculteurs, encadré, responsable et ancré dans les territoires.
Ce travail de fond conforte la mission de la FFPA :
- Accompagner les porteurs de projets
- Structurer les bonnes pratiques
- Favoriser le dialogue entre agriculture, énergie et territoires
- Contribuer à une montée en compétence collective de la filière
Un outil pour aujourd’hui, une base pour demain
Le Baromètre 2026 n’est pas une fin, mais une étape.
Il constitue un socle appelé à s’enrichir dans les prochaines années, à mesure que les projets entreront en exploitation, que les agriculteurs partageront leur vécu et que l’agrivoltaïsme trouvera pleinement sa place dans les dynamiques territoriales.
Car l’agrivoltaïsme ne se décrète pas ! Il se construit, projet par projet, territoire par territoire, au service de l’agriculture française et de la résilience des fermes.
