3ème Edition

Assises françaises de l’agrivoltaïsme 2026 : près de 400 acteurs réunis !

La FFPA a organisé la 3ᵉ édition des Assises Françaises de l’Agrivoltaïsme, le 5 février 2026 à Bordeaux (La Faïencerie). Après Tours et Dijon, l’événement s’inscrit désormais comme un rendez-vous incontournable pour l’ensemble des acteurs engagés dans le développement de l’agrivoltaïsme en France.

Un enthousiasme confirmé pour cette édition : près de 400 agriculteurs, développeurs et professionnels du secteur se sont retrouvés pour échanger, débattre et partager leurs expériences.

Un événement dédié aux agriculteurs et aux territoires

Ouvert à tous et entièrement gratuit, ce rendez-vous s’adressait aux agriculteurs, institutions, collectivités, organisations professionnelles, chercheurs, énergéticiens et acteurs du développement territorial.

Les Assises ont pour vocation de favoriser le dialogue, le partage d’expériences et l’analyse collective des enjeux liés à cette pratique émergente qui associe production agricole et production photovoltaïque.

Au-delà des échanges, l’objectif est aussi d’accompagner la structuration d’une filière exigeante, ancrée dans les réalités agricoles et soucieuse du rôle des territoires dans la réussite des projets agrivoltaïques.

Cette édition des Assises françaises de l’agrivoltaïsme s’est articulée autour de quatre tables rondes complémentaires, organisées selon trois axes structurants : mieux comprendre les réalités et les leviers de l’agrivoltaïsme, affirmer le rôle central des territoires, et se projeter collectivement vers l’avenir de la filière.

L’animation de cette journée a été confiée à Nathalie Croisé, journaliste indépendante reconnue pour son expertise sur les enjeux de transition écologique et climatique.

Elle a animé pendant plusieurs années l’émission Green Business sur BFM Business, un magazine consacré aux démarches d’innovation et aux transitions dans les secteurs économiques et environnementaux.

Elle collabore désormais avec GreenUnivers et la chaîne BSmart 4Change, poursuivant son engagement en faveur de l’information et de l’analyse des transformations économiques et énergétiques.

Agrivoltaïsme : les clefs et les enjeux d’un nouveau narratif

Dans un contexte de tractations et de débats intenses, cette table ronde propose de remettre à plat les leviers de communication autour de notre filière en s’appuyant sur une vision objectivée et partagée.

Il s’agit de poser les bases d’une communication plus solide, plus pédagogique et plus fidèle aux réalités agricoles.

Notre filière regorge d’atouts et de leviers de résilience positifs. L’objectif est de dépasser les idées reçues pour mettre en lumière les apports concrets et vertueux de l’agrivoltaïsme – agricoles, territoriaux, économiques et environnementaux – et de poser les bases d’une communication plus juste, crédible et constructive.

Les échanges s’appuieront notamment sur les enseignements de l’étude menée par la FFPA, afin de contribuer à l’émergence d’un nouveau narratif fondé sur des apports objectivés et sur la perception réelle du monde agricole.

Nos intervenants :

Marie Bové –
VALOREM
Mikael Ménager –
ADquation
Jean-Philippe Frossard –
Agriculteur
David Portales –
GLHD

Ce qu’il faut retenir de la table ronde :

Dans un contexte de crispations politiques et d’incertitudes réglementaires, cette table ronde a permis aux intervenants de défendre une conviction commune : l’agrivoltaïsme ne tiendra que s’il s’appuie sur un projet agricole crédible et territorial. Marie Bové, responsable des relations institutionnelles chez Valorem, a appelé à construire un récit collectif après plusieurs années de tensions : les installations doivent être pensées d’abord comme des projets agricoles et de développement rural, élaborés avec les exploitants et les territoires. David Portalès, président et cofondateur de GLHD et à l’origine de la FFPA, a insisté sur la nécessité d’assumer pleinement la place de l’agrivoltaïsme, fort des expériences accumulées sur le terrain.

Sécuriser les exploitations et préparer l’avenir

Jean-Philippe Frossard, agriculteur céréalier en Haute-Marne et vice-président de la FFPA, en a donné une illustration concrète : un projet collectif reconvertissant des terres en prairies permanentes, permettant l’installation d’un jeune éleveur ovin et la création d’une bergerie de 650 brebis. Pour lui, le panneau n’est pas une finalité ; il soutient la production et la pérennité agricole face au dérèglement climatique, aux intrants et aux enjeux de transmission.

Le Baromètre de l’Agrivoltaïsme 2026 proposé par la FFPA [à consulter ici : Baromètre de l’agrivoltaïsme 2026 : une photographie lucide et agricole de la filière ], présenté par Michael Ménager (ADquation), confirme cette recherche de sécurisation : stabilité des revenus, capacité à absorber les aléas et facilitation de l’installation des jeunes. Si l’argument économique est central, seuls 26 % des agriculteurs ont engagé une étude de faisabilité, signe d’une prudence persistante face aux freins techniques et administratifs.

Remettre des visages au cœur du débat

Tous ont souligné l’importance de porter des projets incarnés pour dépasser les oppositions idéologiques. La FFPA, à gouvernance exclusivement agricole, fonde sa légitimité sur la parole des exploitants eux-mêmes.

À ce moment charnière, la conclusion est claire : l’agrivoltaïsme ne s’imposera pas par la seule performance technique, mais par sa capacité à démontrer qu’il constitue d’abord un levier stratégique pour l’agriculture et les territoires.

Agrivoltaïsme : les axes d’une nouvelle résilience agricole

Cette table ronde s’intéresse à la plus-value concrète des projets agrivoltaïques pour les exploitations agricoles, sous le curseur de la science et en dehors de toute approche idéologique.

Intégré dans un projet agricole, l’agrivoltaïsme est abordé comme un ensemble de leviers déjà observables, susceptibles de contribuer à la résilience et à la sécurisation des trajectoires agricoles, sans promettre de révolution.

Les échanges porteront sur les motivations des agriculteurs, les plus-values aujourd’hui identifiées et l’apport potentiel de l’agrivoltaïsme face aux aléas, en lien avec l’état actuel des travaux et débats scientifiques sur la résilience agricole.

Nos intervenants :

Elsa Chony –
ADEME
Didier Combes –
PNR Agrivoltaïsme
Harmonie Demarbre –
Agriculteur
Pierre Prigent –
WWF

Ce qu’il faut retenir de la table ronde :

Cette table ronde a exploré les leviers concrets de résilience pour les exploitations agricoles. L’objectif : comprendre comment l’agrivoltaïsme peut contribuer à les sécuriser sans occulter les défis structurels.

Des projets portés par les agriculteurs

Harmonie Demarbre, éleveuse ovine dans la Vienne, et son frère sont à l’initiative d’un projet agrivoltaïque de 30 hectares, entièrement pâturé par leurs brebis. « On est éleveurs depuis toujours. On s’est dit : pourquoi pas ? », explique-t-elle. Le projet vise à protéger les prairies, sécuriser l’alimentation du troupeau et développer le cheptel, avec un contrat de commercialisation des agneaux signé pour neuf ans.

Pour Elsa Chony, ingénieure à l’ADEME, l’agrivoltaïsme doit d’abord être pensé comme un levier de résilience agricole. « Quand on parle de résilience, il faut d’abord parler de résilience agricole », insiste-t-elle. Il peut constituer un appui économique et énergétique, sans remplacer les mesures structurelles nécessaires aux exploitations.

Recherche et débats agronomiques

Didier Combes, directeur du Pôle national de recherche sur l’agrivoltaïsme (INRAE), a rappelé l’importance des expérimentations : la protection des cultures par l’ombre des panneaux est prometteuse, mais doit être confirmée selon les contextes pédoclimatiques et les espèces. « Nous combinons modélisation et expérimentation pour produire des données fiables », précise-t-il.

Pierre Prigent, responsable Agriculture et Alimentation au WWF France, a exprimé des réserves sur l’argument agronomique : « La synergie agronomique, je ne la vois pas. » Selon lui, l’agrivoltaïsme relève avant tout de la transition énergétique ; l’argument économique est pertinent, mais ne doit pas être présenté comme un bénéfice agronomique systématique.

Un cadre à adapter aux réalités agricoles

Le débat a également porté sur la limitation à 30 % de la SAU consacrée à l’agrivoltaïsme. Pour plusieurs intervenants, cette règle de précaution est cohérente, mais doit tenir compte de la diversité des contextes climatiques et agricoles. L’agrivoltaïsme doit rester un outil flexible, au service de la résilience des exploitations. Enfin, des outils de suivi et d’analyse de la filière ont été présentés afin de mieux mesurer les impacts des projets et d’encourager des pratiques vertueuses. Pour Harmonie Demarbre, l’enjeu reste concret : « Ce projet nous permet de maintenir et de faire évoluer notre exploitation. C’est ça, la résilience. »

La table ronde a ainsi rappelé la nécessité de placer l’agriculteur au cœur des projets agrivoltaïques, en articulant dimensions agricole, énergétique et économique.

Agrivoltaïsme & acceptabilité : enjeux, menaces et leviers

Cette table ronde aborde l’acceptabilité des projets agrivoltaïques dans une approche globale, intégrant à la fois la dimension sociale, territoriale et le rôle central des élus et des collectivités.

Elle met en lumière la place prépondérante des territoires dans le développement des projets : au-delà du seul accord institutionnel, l’acceptabilité repose sur les perceptions et dynmaiques locales, une cohérence d’ensemble et l’inscription dans un véritable projet de territoire.

Loin d’être un frein, l’acceptabilité est ici envisagée comme un levier de durabilité et de dynamisme territorial, au service de la vitalité agricole, économique et sociale, avec des agriculteurs pleinement acteurs de cette dynamique.

Nos intervenants :

Pascal Beaumard –
Etat d’Esprit
Daniel Barbe –
AMRF
Olivier Bousquet –
REDEN
Julie Quentel –
Photosol

Ce qu’il faut retenir de la table ronde :

Lors de cette table ronde, Julie Quentel, Daniel Barbe et Olivier Bousquet ont croisé leurs regards d’élus et de développeurs autour d’un enjeu central : l’acceptabilité territoriale. Tous s’accordent sur un point : un projet agrivoltaïque ne peut plus être envisagé comme une simple opération technique. Il engage un territoire, ses élus, ses habitants et les agriculteurs.

Faire de l’agrivoltaïsme un projet de territoire

En ouverture, Pascal Beaumard a rappelé que l’agrivoltaïsme doit être pensé comme un projet humain avant d’être un projet technique. Les procédures réglementaires ne remplacent pas un dialogue inscrit dans la durée.

Daniel Barbe a insisté sur la relation en amont : les développeurs doivent rencontrer les élus avant même de finaliser un projet avec un agriculteur. Les maires connaissent les équilibres locaux et les éventuelles oppositions. « Ne pas faire du stop and go » dans la communication et maintenir un lien régulier avec habitants et conseils municipaux est indispensable pour installer la confiance.

Julie Quentel a structuré cette exigence autour de plusieurs échelles d’acceptabilité : le projet agricole lui-même, le voisinage et le paysage, l’ancrage territorial plus large et le temps long. Chaque projet doit être conçu sur mesure, en tenant compte des spécificités locales et des trajectoires politiques.

Un ancrage agricole décisif

L’ancrage agricole constitue un levier majeur d’acceptabilité. Lorsqu’ils s’inscrivent dans la continuité ou la transformation d’une exploitation, les projets répondent à des besoins concrets : installation d’un jeune agriculteur, diversification, sécurisation économique. Dans un contexte de crise agricole, cet enjeu doit rester prioritaire.

Olivier Bousquet a rappelé que le « bon projet » n’est pas celui qui paraît idéal sur le papier, mais celui qui aboutit en intégrant les réalités locales. Cela suppose un dialogue direct avec les riverains, parfois du porte-à-porte, et des ajustements techniques lorsque cela est possible sans fragiliser l’équilibre agricole.

Les intervenants ont également évoqué la montée des oppositions de principe et de la désinformation. Dans ce contexte, pédagogie et transparence deviennent essentielles pour éviter que l’adhésion aux énergies renouvelables ne se transforme en refus local.

Entretenir la confiance dans le temps

Au-delà de l’acceptabilité initiale, la question du partage de la valeur a occupé une place importante. Olivier Bousquet a cité les boucles d’autoconsommation collective, permettant aux habitants et collectivités de bénéficier directement de l’électricité produite. Daniel Barbe a évoqué des outils territoriaux destinés à maintenir localement une partie des retombées économiques.

La temporalité des projets — souvent équivalente à un mandat municipal — impose constance et méthode. La confiance ne s’arrête pas à l’obtention des autorisations : elle repose sur la transparence, la cohérence et la capacité à accepter la critique.

Au final, l’agrivoltaïsme apparaît moins comme un simple outil énergétique que comme un levier de transformation territoriale, à condition de cultiver le dialogue et de respecter les équilibres locaux.

Entre filière d’avenir et menaces d’aujourd’hui, vers un nouvel élan de l’agrivoltaïsme

Dernière séquence de la journée, cette table ronde s’inscrit dans un contexte marqué par le début d’un cycle électoral structurant, s’inscrivant dans un temps long. À cela s’ajoutent des tensions et des crispations tant sur le secteur énergétique qu’agricole. 

Face à cette pluralité d’enjeux, et dans un contexte mouvant, elle propose ainsi de tisser les lignes directrices des prochains mois où se mêleront campagnes électorales et devenir de notre filière. 

Les échanges aborderont les priorités collectives, les stratégies communes et la capacité de la filière à se structurer, s’aligner et gagner en lisibilité dans un contexte marqué d’incertitude.

Portée par la synergie d’expertises complémentaires – agricoles, politiques et énergétiques – cette discussion vise à renforcer collectivement la filière et ainsi, lui donner les moyens de se projeter durablement vers l’avenir.

Nos intervenants :

Dominique Darne –
France Renouvelables
Jules Nyssen –
SER
Audrey Juillac –
FFPA

Ce qu’il faut retenir de la table ronde :

Une filière suspendue aux choix politiques

Cette table ronde a mis en lumière les difficultés d’une filière à la croisée des chemins. Entre les incertitudes qui entouraient encore, au 5 février, la prochaine PPE — finalement publiée le 13 février 2026* —, les blocages réglementaires et les rumeurs de réduction des ambitions solaires, les intervenants ont souligné un besoin urgent : visibilité, stabilité et cadre simplifié pour les projets.

Pour Audrey Juillac, les discussions techniques et réglementaires se font trop souvent loin des réalités agricoles. « Monter un projet sur cinq ou six ans, obtenir l’acceptabilité locale, le soutien du maire, le permis… pour finalement se heurter à un revirement politique constitue une frustration majeure. » Elle rappelle que ces projets ne sont pas seulement économiques, mais profondément personnels : « Quand on parle de 40 ans d’exploitation, on ne parle pas de panneaux dans un champ, on parle de toute une vie familiale. »

Face à ces incertitudes, la filière espère un signal politique fort. Jules Nyssen a confirmé la tenue prochaine d’une réunion à Matignon pour publier une PPE ambitieuse, « sans la vider de son contenu », notamment pour le solaire et l’éolien terrestre. Il a insisté sur l’importance de donner de la visibilité aux acteurs jusqu’en 2027 et au-delà : « Le débat ne doit pas se résumer à une bataille de chiffres. Il faut continuer à produire de l’électricité plutôt que de mettre le pied sur le frein. »

Un cadre réglementaire complexe

Côté administratif, le constat est sévère. Dominique Darne a évoqué un « moratoire de fait » sur les autorisations : délais allongés, réponses tardives et cadre juridique instable. Pour lui, « avant de produire de nouvelles normes, appliquons déjà le corps légal et réglementaire existant ». La complexité des règles crée une insécurité permanente et menace la viabilité économique de certaines entreprises.

Le « partage de la valeur » reste un sujet sensible. Dominique Darne note : « Partage de la valeur, c’est un concept, on ne sait pas ce qu’on partage ». Audrey Juillac précise : « D’abord, la valeur arrive à l’agriculteur, et ensuite, pour les autres, on verra. »

Un levier stratégique pour l’avenir agricole

Malgré ces tensions, tous restent convaincus du potentiel de l’agrivoltaïsme. Pour Audrey Juillac, c’est « de l’innovation en puissance » : « Le solaire progresse vite, et la France ne doit pas rater ce train. Il va falloir l’attraper très rapidement. » Jules Nyssen a souligné la convergence entre transformation agricole et transition énergétique : « Le solaire reste la meilleure manière de développer rapidement et démocratiquement de l’énergie décarbonée partout sur le territoire. »

Les intervenants se sont accordés sur les priorités : simplification des dispositifs, clarification du partage de la valeur, sécurisation du foncier et maintien de kilowattheures compétitifs. L’agrivoltaïsme n’est pas seulement une innovation énergétique : c’est un levier stratégique pour la résilience agricole, l’indépendance énergétique et le développement durable.

* La parution au Journal Officiel de la PPE prévoit une clause de revoyure en 2027. Elle devra permettre un ajustement des ambitions de cette PPE à l’horizon post 2028.

Les Assises françaises de l’agrivoltaïsme sont organisées par la FFPA en partenariat avec Photosol et REDEN, en association avec GLHD et avec le soutien de H2air; acteurs engagés aux côtés de la Fédération pour faire émerger des temps d’échange structurants au service du monde agricole et des territoires.

Fondé en 2008, Photosol est un leader français du photovoltaïque. L’entreprise Conçoit, développe et exploite des installations durables au sol, sur toitures et en ombrières de parking. Filiale du groupe Rubis depuis 2022.

Plus d’informations : https://www.photosol.fr/

Pionnier de l’agrivoltaïsme en France depuis 2010, REDEN a développé plus de 300 ha de serres, ainsi que des solutions dédiées à l’élevage (bovin y compris), à l’arboriculture et à la viticulture. 

Plus d’informations : https://reden.solar/

Green Lighthouse Développement – GLHD est la première société spécialisée dans l’accompagnement de projets photovoltaïques pensés par et pour des collectifs d’exploitants.

Plus d’informations : https://glhd.fr/

H2air est un producteur d’électricité renouvelable français et indépendant. H2air développe des centrales solaires agrivoltaïques et prend en charge toutes les étapes du projet, du développement à l’exploitation

Plus d’informations : https://h2air.fr/

À l’issue des échanges de la matinée, la FFPA et ses partenaires ont offert un cocktail déjeunatoire, pensé comme un temps fort de rencontres, de dialogue et de mise en réseau, dans la continuité directe des débats.